Andrea da Barberino

Andrea di Jacopo de' Mengabotti da Barberino 

(Barberino Val d'Elsa, ca. 1370 – ca. 1432)

“I DODICI CANTI”

[Guerin Meschino]

Edizione di riferimento

Castets (F), I dodici Canti, in Revue des langues romanes, publiée par la Société pour l'étude des langues romanes, Montpellier 1898-1890-1900-1901-1902, reprint 1970.

 

in volume:

Publications de la Societé pour l'étude des Langues Romanes XXII, I dodici canti, epopèe romanesque du XVI siécle par Ferd. Castets professeur a la Faculté des Lettres de Montpellier Coulet et fils, Éditeurs Libraires de l'Université, 5, grand'rue 1908

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INDICE

Introduzione di Ferdinand Castets - Parte Prima

Introduzione di Ferdinand Castets - Parte Seconda

Sull'autore di Ferdinand Castets, traduzione di Adriana Pozzi, cui va un ringraziamento affettuoso

Il riassunto è di Ferdinand Castets

Canto  I

L'auteur annonce qu'il contera une histoire que Turpin a cru devoir taire dans l'intérêt de la gloire de Roland, invoque sa dame et dédie son oeuvre au duc d'Urbin.

Il rappelle comment Roland et Angélique ayant bu aux sources de Merlin dans la forêt d'Ardenne, le comte s'éprit d'un plus grand amour pour Angélique, tandis que celle-ci n'eut désormais pour lui que la plus violente aversion.

Il dira l'origine de la famille du duc d'Urbin et ce que fut Guérin, auteur de sa race.

Roland a surpris Angélique endormie dans la forét d'Ardenne; il la contempla et l'admire. Bride-d'Or hennit. Angélique s'éveille à ce bruit, prend la fuite, et, quand Roland veut s'approcher d'elle, elle se rend invisible en mettant dans sa bouche son anneau magique, puis se tient cachée sous un laurier.

Après s'être désespéré, le comte se décide à se diriger vers le Cathay dans la pensée de retrouver celle qu'il aime. Il remonte en selle et part.

Survient un chevalier. Il boit à l'autre source et perd aussitôt son amour pour Angélique. C'était Renaud de Montauban qui avait rencontré Ferragus, avait dû le combattre et ainsi avait été retardé dans sa poursuite d'Angélique. Quand celle-ci, au matin, veut partir, elle boit, mais à la source de l'amour, où précisément Roland avait bu. Dès lors elle est éprise de Renaud, tandis que celui-ci, qui était parti de Paris malade, est guéri de sa passion.

Angélique admire Renaud endormi, et, bien qu'en considérant qu'il a Rabican pour cheval et qu'il a peut-être tué son frère l'Argail, elle ait un moment la pensée de le tuer, elle le veut pour son seigneur, lui pardonne la mort de son frère, veut obtenir à tout prix son amour, et finit par l'appeler par son nom. Il s'éveille, la voit, et, sans lui répondre, remonte sur Rabican et fuit. Elle s'asseoit sur l'herbe, s'arrache les cheveux, pleure et pousse des cris de désespoir. Elle est sur le point de se donner la mort.

Cependant Roland va son chemin. Un géant lui demande de se résigner à le servir un an ou à le combattre: Duel où le comte montre sa vaillance ordinaire. Mais Roland met le pied dans le sang du géant, s'y trouve comme englué, est saisi, enchainé et enfermé dans une tour.

Ferragus, qui survient, est pris également dans le sang du géant, et Renaud, en voulant le dégager du piège, y glisse à son tour, si bien que tous trois sont prisonniers.

Angélique repassait dans son esprit les événements provoqués par sa beauté. Elle partait, quand elle entend un chevalier prononcer son nom. C'est Sacripant, roi de Circassie, qui est amoureux d'elle comme les autres. Quand il la voit, il s'élance et lui barre le passage, car il connaît le secret de l'anneau. Mais Angélique lui promet de l'aimer s'il consent à se faire son champion contre le meurtrier de son frère. Il promet ce qu'elle veut, aveuglé qu'il est par sa passion.

Canto  II

Angélique continue à tromper le roi de Circassie sur ses intentions vraies. Ils se dirigent vers le Levant, et pour abréger l'ennui du chemin elle lui conte une nouvelle. Quand elle était en Espagne avec Fleur-d'Épine, une vieille femme porta plainte contre un jeune homme dont elle était follement amoureuse et qui ne lui témoignait que du mépris: le contraste entre sa laideur et la sincérité de sa passion faisait tout à la fois rire et pleurer.

Les deux voyageurs rencontrent Gorante, le monstre qui a déjà vaincu Roland, Ferragus et Renaud. C'est le frère d'Orile, et Astolphe l'avait déjà chassé du domaine de la fée Sylvana. Il provoque Sacripant. Pendant le combat survient un nain qui apprend à Angélique que le Catay est menacé par Agrican qui la veut pour épouse.

 Angélique regrette d'avoir rejeté le dévouement de Roland qui seul était capable de la défendre contre Agrican. Elle maudit sa beauté qui cause le malheur des vaillants chevaliers qui l'aiment. Cependant l'influence de l'anneau magique agit sur le géant qui tombe; Sacripant lui tranche la téte, et, le charme étant rompu, les prisonniers sortent de la tour. Le nain suspend la téte de Gorante à l'arcon de sa selle et part avec Angélique et Sacripant. Mais le corps du géant les re­joint, reprend sa téte et engage un nouveau combat avec Sacripant, tandis qu'Angélique s'enfuit. Le nain rencontre Renaud auquel il conte ce qui s'est passé et qui continue à chercher son cheval. Mais il est arrété par la Chimére et doit engager une lutte terrible.

Roland se dirigeant vers Albraque, passe les Pyrénées et arrive en Andalousie. Le roi Marsile, qui redoutait non sans raison les projets de Gradasse, offre à Roland de le prendre à son service. Roland refuse. Un chevalier de Marsile, Berzavaglia, le défie. Après s'être débarrassé de Berzavaglia et des siens, Roland passe le détroit de Calpé et d'Abila. Il suivait le rivage quand il aperçoit nombre de gens armés et des navires qui étaient sur le point d'aborder. De l'un d'eux se détache une barque, et une dame tout en pleurs lui demande d'y monter, car elle a besoin de son secours et veut s'entretenir avec lui. Le chevalier descend de Bride-d'Or et la suit.

Canto III

La dame apprend à Roland qu'elle est Fontedoro, nièce du grand Sénape, que son époux a été tué par Sarmagon qui voulait l'avoir pour femme, qu'elle a puni d'une manière terrible le meurtrier de son mari, et que Seffronio, frère de Sarmagon, assiège Albana, capitale de son royaume. Roland partage sa douleur et lui jure de la défendre.

Marsile charge Serpentin de l'Etoile de lui ramener Roland qu'il veut avoir à son service. Mais, au lieu du chevalier, il rencontre Bradamante. Après un combat où la soeur de Renaud a l'avantage, on s'arrête dans une hôtellerie où Bradamante est l'objet des obsessions de la fille de la maîtresse du lieu et doit lui raconter comment déjà elle a été obligée de détromper Fleur-d'Epine qui elle aussi la prenait pour un homme. Bradamante repart à la recherche de Roger. Serpentin, après avoir appris que Roland a passé le détroit, revient auprès de Marsile.

Canto  IV

Exorde en quatre octaves où il est parlé d'Hégésias, de Solon, de Cicéron, de Périclès. L'auteur célèbre le pouvoir de l'éloquence et des Muses.

Roland s'éprend de la fausse Fontedoro. C'est une sorcière ennemie d'Angélique et qui veut la ruine de son empire. Elle a eu de son union avec un satyre deus fils, Orile et Gorante. Alfégra, tel est son vrai nom, les fit élever dans une tour près du Nil. Infidèle à Brione, leur père, elle aime Médor qu'elle a emporté auz Îles Perdues où elle le retient au milieu d'enchantements. De là la haine d'Alfégra pour son époux qu'elle fait tuer par ses fils. Mais, après ce crime, les parricides ne peuvent s'entendre, et Gorante se dirige vers le Tanaïs et pénètre dans le domaine de la bienfaisante fée Sylvana. Chez elle était venu Astolphe en quête de Roland. Sylvana était fille de la Sibylle et portait le nom de Soffrosine avant d'avoir quitté l'île d'Erythrée pour l'Egypte. Elle trouve près du Tanaïs un palais magnifique: description de ce palais. Elle boit à une source et s'endort. Des jeunes filles la prennent et la transportent dans le palais. Description d'un chêne qu'embrassent deux bergers, grands l'un par le savoir, l'autre par la puissance; - deux autres personnages portant le manteau de pourpre ; - un autre encore, fameux par sa valeur. L'arbre est chargé de trophées (oct. 39-40). - Il s'agit de la famille della Rovere.

Sylvana s'étonne. Une voix lui apprend qu'un jour elle pourra expliquer ce que signifie ce tableau. - Repas de Sylvana. Elle est couronnée.

La fée demande à Astolphe de chêtier Gorante. Elle lui promet un collier qui lui assurera toujours la victoire. Astolphe avait précisément la lance d'or enchantée de l'Argail et le bon cheval Bayard. Survient un chevalier dont le frère a été assassiné. Astolphe s'engage à vaincre le monstre.

Après avoir désarçonné Gradasse à Paris, le prince anglais était parti à la recherche de Roland; mais celui-ci par l'Espagne se rendait au Cathay, tandis qu'Astolphe passait par l'Allemagne, la Thrace, le Pont et arrivait au Tanaïs, au pays de Sylvana. Vulcain avait forgé ce collier auquel Tydée avait dû ses triomphes.

L'on retient à Roland. Pendant qu'il se laisse séduire par Alfégra, les vaisseaux, qui accompagnaient celle-ci, se sont évanouis. Une tempête s'élève et met la barque en péril. Roland interroge Alfégra qui se rit de sa frayeur.

Cependant Renaud a tué la Chimère et rencontré un lion qui se défendait avec peine contre un griffon. Il tue le griffon et étourdit le lion d'un coup du plat de son épée.

Aleramo conduit Astolphe à la cabane où se cache Gorante. Celui-ci est renversé du premier coup de la lance d'or et promet de partir pour les pays du Couchant. Ainsi il s'était retiré dans la forêt d'Ardenne où il avait fait prisonniers Roland, Renaud et Ferragus qui furent délivrés par la vertu de l'anneau que portait Angélique. Les chevaliers erraient dans la forêt à la recherche de la princesse, retenus par l'art de Maugis qui savait que Gradasse projetait d'attaquer Charlemagne. L'enchanteur avait trompé les démons qu'Angélique avait chargés de l'emprisonner, et revenu en Gascogne il avait repris son empire sur le monde infernal et retrouvé au perron de Merlin le grimoire oublié par Angélique quand elle était partie avec l'Argail; celui-ci de son cêté avait oublié la lance d'or dont Astolphe était devenu le possesseur.

Astolphe brûle la hutte de Gorante et revient avec Aleramo auprès de Sylvana.

Revenons à Roland. La barque est battue par les flots. Le chevalier se rappelle comment Alexandre descendit au fond des mers. Alfégra demeure indifférente, refuse de ramener la barque au rivage. L'auteur énumère les poissons que voit Roland, remarque que les grands dévorent les petits et se lamente sur les malheurs de l'Italie. 

Canto  V

Suite de la plainte sur les malheurs de l'Italie, - histoire de la fondation de Venise, éloge de la République, description de son empire: l'auteur lui conseille la justice et l'entente avec le duc d'Urbin (oct. 1-19).

Roland, couvert par les vagues, regardait les poissons tout en pensant à Angélique. Survient un énorme poisson. Un coup de Durandal ne peut le blesser ; Roland d'un bond s'élance sur le monstre qui le portera sain et sauf au Levant où avec Sacripant il ira à Albraque.

Sacripant était aux prises avec Gorante, s'il vous souvient, mais il fut sauvé par l'anneau d'Agélique. Celle-ci prend néanmoins la fuite pour échapper à son amant. Au delà des Pyrénées, elle retrouve son nain.

Sacripant la cherche vainement. Craignant que Gorante ne l'ait atteinte, il entre dans la forêt d'où il ne peut plus sortir. Il y restera jusqu'à ce qu'il rencontre Renaud qui, après avoir tué le griffon, est obligé également de tuer le lion. Le rugissement de l'animal expirant attire Sacripant qui survient au moment où Renaud se plaignait d'être exposé à mourir de faim dans cette solitude et regrettait ses torts envers Charlemagne, qu'il a abandonné, et envers son cousin. Sacripant achève le lion qui rugissait encore. Querelle des deux chevaliers qui se défient et engagent le combat.

Angélique et son nain, se dirigeant vers Grenade, rencontrent un géant. Elle met dans sa bouche l'anneau magique et fuit. Elle aperçoit des gens armés. Le nain échappe au géant et la rejoint. Elle l'envoie en reconnaissance et il trouve sur son chemin Bradamante qui lui dit que ce sont des soldats de Marsile commandés par Serpentin. Le nain prie Bradamante de protéger sa maîtresse. Celle-ci est surprise de la ressemblance de celui qu'elle croit un chevalier et de Renaud. Elle se fait connaître, et Bradamante promet de la défendre, si elle peut la renseigner sur le sort de Roger. Les deux dames se confient leurs chagrins. Angélique raconte comment ses sentiments envers Renaud se sont changés, elle supplie Bradamante de lui gagner l'amour de son frère.

Bradamante est étonnée d'une pareille dureté chez Renaud. Elle promet de plaider la cause d'Angélique, et si, grâce à elle, elle retrouve Roger, de la faire triompher.

Angélique estime que les deux vaillants chevaliers seront attirés dans son royaume par les bruits de guerre qui se répandent. Elles se quittent; Bradamante va à Montauban, mais elle ne reverra Roger qu'à la tour de l'empereur Léon, en Grèce, ainsi qu'on l'a lu ailleurs (dans Arioste).

Nous suivons Angélique. Les gens de Serpentin ont une querelle avec des voleurs, dont le chef, un géant, les met en déroute, mais Serpentin finit par le tuer et venge ses hommes. Marsile regrette les pertes qu'il a faites sans qu'on ait pu lui amener Roland qui voyage tristement sur la baleine.

Canto  VI

Du bien de la liberté. Roland l'a perdue pour s'être épris d'Angélique. Il eût bien voulu remonter sur sa barque, mais Neptune l'aperçoit et Roland se fait connaître, raconte comment l'amour d'Angélique lui vaut ces aventures. Neptune lui apprend qu'il avait entendu ses plaintes et, qu'ému de pitié, il lui a envoyé la baleine pour le sauver.

Astolphe est revenu au palais de Sylvana avec Aleramo, après la défaite de Gorante. Il ne voit partout que serpents, et Aleramo lui explique que c'est le jour où les fées sont forcées de se transformer, une fois l'an, en reptiles. Ils visitent les salles du palais. Dans l'une, ils admirent des peintures dont plusieurs se rapportent à la famille des ducs d'Urbin (oct. 31-37).

Renaud et Sacripant échangeaient des coups terribles. La nuit arrive, ils s'arrêtent, se désarment et s'étendent pour dormir. Sacripant veille et se désespère d'avoir perdu Angélique. Maugis, ne voulant pas que Renaud reprenne un combat dangereux, présente aux yeux de Sacripant une image d'Angélique qui reproche au roi circassien de se livrer au sommeil et de l'oublier. Ils partent ensemble et le démon donne à Frontalet une telle vigueur qu'ils atteignent le rivage où Roland avait rencontré Alfégra, la fausse Fontedoro. Le démon disparaît et Sacripant se plaint de cette trahison dont il croit Angélique coupable. Il est sur le point de se donner la mort.

Renaud s'éveille et constate que son adversaire est parti. Il a grand'faim et s'adresse à un ermite qui refuse de lui ouvrir. Il se répand en invectives contre les moines, enfonce la porte et jette par la fenêtre l'ermite que Dieu protège et qui ne se fait aucun mal. Renaud lui demande pardon et le moine s'excuse de sa défiance en alléguant que l'ermitage a été longtemps un repaire de voleurs. Renaud, après s'être rassasié, repart et trouve le cheval de l'Argail qu'il avait déjà possédé, mais qu'il avait perdu, quand avec Roland et Ferragus il fut prisonnier de Gorante. Il se rend en Espagne.

Il nous faut conduire Roland à la montagne où Bride d'Or paissait, gardé et soigné par les Dryades.

Neptune avait pris Roland en croupe sur son dauphin; il le dépose sur le rivage d'Afrique, et envoie la baleine qui avait avalé Alfégra la déposer sur le même rivage. Roland la rencontre et lui réclame Bride-d'Or. Alfégra se lamente. Sacripant vient à son secours et demande à Roland d'épargner une femme. Le comte la lui cède en l'avertissant de ce qu'elle vaut. Ils vont ensemble à la recherche de Bride-d'Or.

Astolphe considérait les peintures du palais de Sylvana. Il est malmené par un grossier paysan qui veut battre les serpents-fées. 

Canto  VII

Astolphe finit par tuer son adversaire. Avec Aleramo il va se reposer sur un beau lit au moment où le jour paraissait. Renaud était en Espagne. Il s'est décidé à se ranger du côté d'Agrican, afin de punir le roi Galafron qui avait envoyé l'Argail avec la lance enchantée pour ruiner la France.

Il voit une femme attachée toute nue à un arbre et battue par un nègre. Il s'approche. Elle l'engage à fuir. Il refuse, et dans un combat avec le géant noir qui était un des quatre qui avaient accompagné Angélique en France, il lui passe son épée à travers le corps, le blesse une seconde fois et voudrait le convertir à la foi chrétienne, mais le mécréant ne veut rien entendre et Renaud le laisse mourir de ses blessures.

La dame est surprise de la ressemblance de Renaud et de Richardet. C'était Fleur-d'Epine, fille de Stordilan, roi de Grenade. Elle raconte comment elle s'était d'abord éprise de Bradamante, comment elle devint l'amante de Richardet, et comment celui-ci fut sauvé du bûcher par un chevalier errant. Depuis elle a épousé Zénodore dont la bravoure dans un tournoi l'avait séduite. Ils rencontrent l'armée de Zénodore qui venait secourir son épouse. On les conduit à la cité et Renaud y est reçu en triomphateur.

Pendant le festin qui suivit, Doralice compare le chevalier à Mandricard dont elle est veuve.

Ici l'auteur s'interrompt (oct. 102). Le lecteur est en droit de se demander comment Agrican peut être au nombre des vivants, quand son fils Mandricard est mort. Cela est en effet en désaccord avec le récit d'autres poètes, mais ils ignoraient qu'il y avait eu deux Mandricard.

Nous les laissons à table et revenons à Roland. Les nymphes lui ont rendu Bride-d'Or et le renseignent sur Alfégra. Neptune lui a enlevé le grimoire à l'aide duquel elle transportait les gens aug Îles-Perdues, mais elle n'en est pas moins dangereuse. Elles mettent en garde les chevaliers contre les enchantements qu'ils pourront trouver en se rendant au pays de Galafron et leur apprennent qu'ils feront la rencontre d'Angélique. Ils abandonnent Alfégra et partent, accompagnés par un faune qui avait soigné Bride-d'Or et que les nymphes leur donnent pour guide. 

Canto  VIII

Les deux chevaliers cheminaient amicalement. Roland parlait d'Angélique. Cela déplut à Sacripant, qui, pour le détourner de cet amour, veut lui montrer combien elle est fausse et déloyale. Elle possède l'anneau dont Sémiramis se servit pour satisfaire une passion incestueuse. Il fut trouvé ensuite par le berger Gygès qui le mit à profit pour séduire la reine de Lydie. Cambyse en hérita, et il passa aux mains d'Atlante, l'enchanteur de Carène, qui lui donna la vertu de détruire tout maléfice et le remit à Galafron, comptant ainsi ruiner la France et sauver les jours de Roger.

Les deux chevaliers aperçoivent une flotte sur la mer et une armée sur le rivage. Le faune va à la découverte : ce sont les forces de Rodomont qui va rejoindre Agramant et veut envahir la France avec lui.

Roland pique des deux, attaque les Sarrasins et se trouve en face de Rodomont qu'il désarçonne. Sacripant et le faune mettent les Sarrasins en déroute. Roland et le circassien entrent dans Alger, le faune reste à garder le pont.

Les chevaliers font un carnage des habitants d'Alger. Mais Rodomont a jeté le faune en bas du pont et est entré dans la ville. Il combattait avec Sacripant, quand il voit son palais en flammes. Il y court pour sauver sa mère, mais trop tard. Le faune avait mis le feu au palais et à toutes les maisons.

Les trois amis s'en vont et le comte écrit sur la porte « Ici a été Roland. » Cela augmenta la colère de Rodomont, et plus tard il fit payer très cher aux Parisiens la victoire de Roland.

Aleramo et Astolphe s'éveillent. Leurs vêtements leur ont été enlevés et ils trouvent à leur place, Astolphe une cotte impénétrable, Aleramo un costume d'un prix inestimable. Souvent l'habit fait valoir son homme. Sylvana requiert encore l'aide des chevaliers contre un nouveau monstre, Tisiphone, sortie des enfers pour les punir d'être entrés dans son palais, et, quand ils en auront triomphé, alors viendront Mégère et Alecton. Astolphe éprouve quelque frayeur, mais la fée le dispense du combat et en charge Aleramo.

A Grenade, Renaud est l'objet des attentions de Doralice. On le comble d'honneur pour avoir délivré Fleur-d'Epine. Toutes deux sont assises avec lui sur un char de triomphe qui parcourt la ville. Mais l'amazone géante Sicomora qui avait eu l'avantage dans un combat antérieur sur le nègre Argeste, ravisseur de Fleur-d'Epine, est jalouse des succès de Renaud ; elle l'insulte et le provoque. Renaud est obligé d'accepter le combat et, malgré son désir de l'épargner, il est contraint de la tuer. Il est alors entouré par les cent chevaliers de la géante qui sont tenus par serment de la venger. L'un d'entre eux, Guérin, s'offre à combattre, et, s'il est vaincu, lui et ses compagnons deviendront les soldats de Renaud; si celui-ci a le dessous, il sera comme eux esclave des Amazones. Ce Guérin, dans ses voyages à la recherche de son père, était tombé aux mains des Amazones (oct. 129).

Le combat dure longtemps : on décide de l'interrompre et de le reprendre le jour suivant. On fait les funérailles de Sicomora, et à table Renaud et Guérin sont assis l'un à côté de l'autre. 

Canto  IX

Des trésors et de la vertu. - Guérin raconte son histoire. Il est parti à la recherche de son père, parce que la belle Eliséna lui avait reproché de n'être qu'un esclave. Après avoir vaincu le roi Carador, il a quitté Constantinople, et à travers bien des difficultés s'est rendu au pays des arbres du Soleil, où il a su qu'il devrait parcourir le monde avant de retrouver son père. Puis, avec Sicomora, il est venu en Espagne. Il ne rit jamais et garde une attitude sérieuse et noble.

Roland, Sacripant et le faune sont sortis d'Alger et se dirigent vers Albraque, pendant que Rodomont médite de se venger de la France. Un courrier de Galafron leur annonce que le roi appelle à son secours tous les chevaliers errants ; il donnera sa fille Angélique à qui le délivrera d'Agrican. Mais Angélique est prisonnière de Sarpedonte, fils d'Oldrado, et seigneur du Rio-Castello (Chàteau-Mauvais). Tout chevalier qui se présente à ce chàteau y demeure prisonnier, s'il ne met à mort en un jour cent chevaliers. Le courrier ajoute qu'ils ne sont qu'à six lieues de Rio-Castello.

Ils en prennent le chemin, et Sacripant prie Roland de lui laisser cette entreprise. Le comte y consent à la condition qu'il respecte Angélique et la rende à son père.

Le courrier essaie de les détourner de leur projet et leur demande de porter d'abord secours à Galafron, mais ils n'y consentent pas.

L'auteur se plaint de ce que les seigneurs soient des tyrans, préfèrent le vice ou la bassesse à la vertu et au talent. Il excepte son protecteur qui demeure digne de sa noble geste, la maison d'Anguillara. Puisse Mars le ramener vaiqueur!

Ils rencontrent les hommes de Sarpedonte. Sacripant les attaque avec vaillance, et Roland commence à regretter de lui avoir cédé la place.

Cependant Aleramo, chez Sylvana, combat Géryon, le dragon à trois tétes, qui, malgré les coups qu'il reçoit, s'enlace autour du corps du chevalier. Sans Sylvana, Astolphe n'eût pu supporter ce spectacle.

Aleramo tue enfin le dragon, mais de la bouche de celui-ci sort une hydre à sept têtes. Le chevalier en tranche une d'un coup d'épée: à sa place il en renait trois autres. Astolphe s'effraie encore davantage. Aleramo tranche les sept cols de l'hydre et jette au feu l'affreux animal. Astolphe prie alors Sylvana de mettre une trêve aux combats avec les monstres et de leur faire connaître les merveilles de sa demeure.

Sur l'ordre de Sylvana, on leur sert un repas dans son jardin qui n'a point de pareil au monde. Au milieu est une colline où les Muses habitèrent autrefois, le Parnasse aux deux sommets. En leur souvenir, on les y a représentées et avec elles les grands poètes qui illustrèrent les genres auxquels chacune préside. Sylvana et les deux champions s'asseoient et le festin commence.

Nous revenons à la table où nous avons laissé Renaud et Doralice qui brûle d'amour pour le chevalier. Elle craint de ne jamais le posséder, car ni elle ni son père ne savent ce que sont ces deux étrangers errants. Elle rougissait et pâlissait tour à tour, ce qui n'échappa point à sa mère, tandis que Fleur-d'Epine est joyeuse de se voir honorée et de ce que les vaillants guerriers sont si bien traités.

Renaud, désireux de savoir qui est son adversaire, finit par lui demander son nom et sa patrie. Le bon Guérin consent à le renseigner. Il ignore où il est né; il a été élevé à Byzance où il reçut le nom de Meschino. Tout enfant il avait été pris par des corsaires, puis acheté par un marchand qui en fit présent à sa femme. Ils eurent pour lui les soins de parents véritables. Son père adoptif avait un fils: les deux enfants furent traités de la même manière, sans diffèrence aucune. L'empereur demanda un jour à celui que Guérin croyait son frère, de lui donner ce petit esclave. Le père donna son consentement, et Guérin devint le serviteur favori d'Alexandre, fils du vieil empereur. L'impératrice l'aimait également. Il délivra Constantinople assiégé par les Turcs. Puis il résolut de se mettre à la recherche de ses vrais parents et de consulter les arbres du Soleil. Là un vieillard vénérable, après avoir interrogé son idole, lui répondit qu'il devait aller vers le Couchant, où il retrouverait sa famille, qu'il avait reçu deux fois le baptéme, qu'au premier il avait été nommé Guérin et Meschino au second. En revenant il fut prisonnier aux rives du Thermodon et y demeura sans pouvoir accomplir son dessein.

Renaud regrette que son adversaire se soit engagé par serment à venger Sicomora, car il mourra sans avoir recouvré son nom de Guérin, mais sous celui de Meschino, puisqu'il a eu la mauvaise chance de tomber entre les mains redoutables du sire de Montauban.

Les chevaliers vont se reposer. Le roi Stordilan s'inquiète d'avoir à sa tour ces deux chrétiens si vaillants. On le rassure, mais Doralice qui se défie des intentions du roi, va secrètement avertir les chevaliers de se bien garder. 

Canto  X

La jalousie trouble l'esprit; elle fait que Stordilan ne peut recouvrer sa tranquillité et demande à ses conseillers quel parti il doit prendre au sujet de Renaud et de Guérin. L'un est célèbre pour sa prouesse, l'autre, sous le nom de Meschino, est illustre chez les Grecs et a vaincu Finidaro et ses fils. Stordilan craint pour son royaume. En sauvant Fleur-d'Epine Renaud a mérité d'être honoré, mais il convient qu'il parte au plus tôt et Guérin avéc lui. Zénodore, qui se défiait de son père, vient au Conseil et fait un grand éloge de Renaud dont le courage est sans égal et sur la loyauté de qui l'on peut compter. On explique à Stordilan qu'il a tout intérêt à ménager le sire de Montauban. Zénodore quitte le Conseil et va trouver les chevaliers, tandis que Stordilan consulte encore ses conseillers qui ne savent trop que répondre. Zénodore revient avec les deux chevaliers. Renaud annonce qu'une fois son combat avec Guérin terminé il quittera le royaume.

Il déclare que si Charlemagne attaquait injustement Stordilan ou son fils, il est prêt a les défendre. De même Guérin affirme que, lorsqu'il aura retrouvé son lignage, si Zénodore recevait quelque outrage, il reviendrait le secourir, fût-ce au risque de sa vie.

Tout le monde les admire et l'on se sépare amicalement. Mais Renaud, au lieu de dormir, projette de convertir Zénodore à la foi chrétienne; Guérin l'entend prier Dieu, et conçoit de son côté le dessein, s'il sort sain et sauf du combat, de délivrer la route de Galice des voleurs qui l'infestent.

Malgré leur amitié, les deux champions, aussitôt qu'il fait jour, se préparent à combattre. Zénodore les supplie vainement de se réconcilier. Stordilan insiste en leur montrant que leur conduite est en complet désaccord avec la foi chrétienne ; elle enseigne le pardon des offenses, et c'est pure folie que de sacrifier un bien éternel à une fumée d'honneur. Le serment de Guérin est nul puisqu'il est contraire à la loi.

Renaud et Guérin ne pouvaient réfuter le roi qui avait raison. Renaud est heureux de voir que le père de Doralice connaisse si bien l'Evangile et espère le convertir. Il maintient qu'il a le devoir de combattre pour la vérité et la justice. Guérin de son côté dit que Turc, Maure, ou baptisé, nul n'a le droit de manquer à son serment.

Doralice intervient, alléguant l'incertitude du sort des armes et la vanité du motif qui les met aux prises. D'ailleurs un serment ne lie point quand il est contraire a la loi divine. Pourquoi ne respectent-ils pas la volonté du Christ, alors que Turcs et Arabes obéissent fidèlement à l'Alcoran? Comment peuvent-ile se dire chrétiens quand ils n'observent point leur loi tout entière? Elle finit par leur proposer de se faire remplacer secrètement par deux chevaliers: celui qui représentera Guérin se reconnaîtra vaincu, se rendra et ainsi les cent chevaliers de Sicomora seront obligés de partir.

Ni Renaud ni Guérin ne veulent céder. On leur sert une collation délicate et somptueuse, et Fleur-d'Epine supplie son beau-père de veiller sur les jours de Renaud, mais il répond que l'honneur lui interdit de revenir sur sa parole donnée.

On avertit les cent chevaliers d'avoir à se trouver sur la piace où les deux champions reprendront la lutte. On prépare les estrades pour les reines et pour le peuple. Zénodore fait prendre les armes à deux cents cavaliers et à quatre cents fantassins. Le lieu choisi est hors de la ville, à un demi-mille.

Avant d'engager le combat, les deux champions descendent de cheval, font pieusement leur prière, se demandent pardon et se baisent sur la bouche comme deux frères.

Ils brisent d'abord deux lances. Le troncon de l'une vola si haut que dix autres lances avaient été rompues quand il retomba sur le sol et s'y enfonca.

La poussière, la sueur des chevaliers et de leurs coursiers obligent à interrompre le combat une demi-heure. On amène d'autres chevaux. Les deux champions sont d'accord pour reprendre à l'épée et finir avec la masse d'armes. Guérin portait des armes enchantées et toute sa personne était fée, excepté le pied gauche.

Nous revenons à Sacripant qui taille en pièces les hommes de Sarpedonte et qui continue à refuser le secours de Roland.

Néanmoins il finit par être fait prisonnier et le comte, après avoir sonné du cor, attaque les Maures. Leur chef, autrefois vassal d'Agramant, ose le défier. Roland lui répond en réclamant la liberté d'Angélique et de Sacripant. Le combat s'engage et Roland tue les soixante qu'il avait devant lui.

D'après Turpin, il en coupa dix en deux d'un seul revers de Durandal

 

Chi nol vol creder, vadalo a cercare,

Ch' io son christian di buona fede asperso,

Et credo questo et più se più mi lice,

Massimamente a quel che Turpin dice.

 

Roland sonne de nouveau du cor, si fort que les gens de Rio-Castello l'entendirent. Sarpedonte arme ses cent chevaliers et les fait partir en deux corps à la découverte. Le chef de cette troupe offre à Roland de choisir une des lances qu'il lui présente; celui qui sera désarçonné ne combattra plus de la journée. C'est un chrétien de la famille italienne Malatesta qui descend de Cadmus. Il apprend à Roland que lui et sa dame, belle entre les belles, sont tombés entre les mains du cruel Sarpedonte. Ils allaient sur un vaisseau faire leurs dévotions à Lorette; des corsaires les ont pris et livrés à Sarpedonte qui l'a contraint à le servir, lui laissant à cette condition sa dame bien-aimée. Robert, tel est son nom, apprend au comte qu'Angélique est en effet prisonnière de Sarpedonte.

Le comte désarçonne Robert, et taille en pièces ses chevaliers. Cependant Sacripant cherche Angélique, qui était invisible, quand il lui plaisait, grâce à son anneau. Elle eût pu sortir de la forteresse et n'y était restée que pour en assurer la ruine. Sacripant s'impatiente, et Sarpedonte lui annonce qu'il doit se reconnaître son vassal ou mourir dans les trois jours. - Robert admire les exploits de Roland et se rend à lui, mais il est inquiet du sort réservé à sa dame. 

Canto  XI

Toute faute non suivie de repentir est châtiée par le monarque éternel. Ninive et l'Egypte en donnent des exemples contraires: Nabuchodonosor fut pardonné, Pharaon et son peuple furent punis. Parfois, la faute du roi retombe sur un peuple entier, ainsi qu'il arriva quand David enleva la femme d'Urie. Sarpedonte sera puni.

Roland va à la porte du château, sonne du cor et défie Sarpedonte. Celui-ci est renseigné par les fuyards, et ni lui ni ses autres chevaliers ne savent que résoudre. Un vieillard qui désapprouvait leur vie criminelle, les avertit du danger. Il rappelle que cette forteresse, dite autrefois la Rocca Benedetta (la Roche Bénie), a changé de nom et de coutumes. Sarpedonte a dépassé les crimes de ses pères. Le chevalier qui se présente, est le messager de Dieu ; il faut lui demander merci. Un jeune favori de Sarpedonte tourne en dérision le discours du vieillard. On finit par proposer à Sacripant de se charger de l'entreprise. Il refuse parce que Roland est son compagnon. Ils l'enferment dans une prison et se disposent à marcher à la rencontre du comte.

Nous les laissons juqu'à ce que nous ayons tiré Astolphe et Aleramo du Jardin de Sylvana et qu'ait pris fin le combat de Guérin et de Renaud, pour qu'ils ne nous embarrassent plus tant que Rio-Castello n'aura pas été détruit.

Astolphe et Aleramo prennent un repas à l'ombre des lauriers et des myrtes ; un concert mélodieux s'unit aux chants des oiseaux pour les charmer. En ce lieu règne un printemps perpétuel. On y voit réunis les arbres les plus divers et les plus beaux, les fleurs les plus parfumées.

Après le repas, chevaliers et dames se promènent dans le jardin. Toutes sortes d'animaux s'offrent à leurs regards. Ils s'arrêtent près d'un étang où nagent de nombreux poissons, puis vont dans les bois jouir du chant des oiseaux ou les contempler. Toutes les espèces d'animaux sont représentées dans cette enceinte, où l'on trouve même le minotaure, le sanglier de Méléagre, les lions de Cybèle, etc. Les chevaliers admiraient ces merveilles. Sylvana les mène dans son palais, où elle a préparé un jeu charmant dont nous parlerons, mais nous devons revenir à Guérin et Renaud.

Ils combattaient à l'épée avec un succès égal. La lutte est longue et fatigante, parce que Guérin avait des armes enchantées. On en doit dire l'origine.

Guérin out pour mère Fenice, que Sefferra avait nourrie.

Celle-ci et son époux Zenone savaient l'art des enchantements. De Byzance la pauvreté les avait conduits à Durazzo, ou Sefferra et la duchesse de ce pays accouchèrent à peu près en même temps, l'une d'un fils qui ne vécut pas, l'autre d'une fille ; mais bientôt la duchesse mourut, et Sefferra eut soin de l'orpheline.

Le duc Mustafa était mahométan; il mourut deux ans après son épouse, laissant deux fils et la jeune fille que Sefferra élevait. Cette enfant était d'une beauté sans égale. Milon, duc de Tarente et fils de Gérard de Bourgogne, en devint amoureux. Il chassa de Durazzo Naparro et son frère Madar, baptisa Fenice, qui prit possession du duché, répousa, et en eut Guérin.

Sefferra avait prédit à la duchesse qu'elle aurait un fils qui ferait grand honneur à sa famille. Sous le palais, du côté de la mer, elle avait un souterrain où elle évoquait les démons. Quand Guérin naquit, elle y porta l'enfant, fit venir Vulcain et lui ordonna de forger pour Guérin des armes meilleures que celles d'Achille; qui ne pussent servir qu'à lui seul et grandissent avec lui. Il devait y représenter un chêne et y inserire le nom de Guérin. Elle conjure Vulcain par Zoroastre, Circé, Médée, Salomon, la Sibylle de Cumes, Proserpine, Erichtho, le Styx, le Léthé, le filet où il prit Mars et Vénus, etc.

Une allusion à la révolte des Géants contre Jupiter amène l'auteur à se lamenter sur les malheurs de l'Eglise livrée aux outrages des Colonna, de traîtres italiens, d'Espagnols et d' Allemands

 

Deh! vedi, Christo, come la tua Chiesa

È data in preda delli rei Tithani

Et come dalla gente Collonesa ,

Pria, et poi dalli maligni Lutherani

Fu divorata et malamente offesa

Da traditori Ausoni et da marani

Celtiberi et crudei Thedeschi insieme

 Ch' ognun quanto più può la stratia et prieme.

 

Paul saura sans doute conduire la barque de Pierre, mais comment pourra-t-il conserver la foi, si celui qui devait la défendre contre Turcs et païens se fait l'héritier de Luther? Dieu ne voit-il pas les progrès de l'erreur? Qu'il vienne donc au secours de son vicaire et le rende invincible comme Josué, sans cependant arrêter le cours du soleil.

Vulcain forge les armes de Guérin, en se conformant aux instructions de Sefferra. Celle-ci plonge alors l'enfant dans l'eau du Styx où les armes ont été trempées. Enfin elle éprouve si le corps de Guérin est réellement invulnérable et si rien ne peut entamer son armure.

Cependant les frères de la duchesse, Naparro et Madar, conspiraient pour lui enlever le pouvoir.

Milon avait ordonné de grandes fêtes à Durazzo en l'honneur de la naissance de son fils. Un partisan des deux frères veut profiter de l'occasion pour leur faire recouvrer le duché. Finadusto s'était laissé baptiser par simple crainte. Il avise Napar.

L'auteur rappelle ici au duc d'Urbin comment il eût repris son duché sur Léon X et Lorenzino, s'il n'avait été trahi par ceux qui l'accompagnaient. Sans leur défection, il n'aurait pas eu à demeurer aussi longtemps dans les Marches (nel paese Marchiano) (oct. 118-120).

Naparro lui répond qu'il va venir, s'entend avec Astiladoro, et, à la téte de soixante cavaliers, se dirige sur Durazzo. 

Canto  XII

L'auteur cita comme ayant perdu leur temps quand il fallait agir, Annibal, le rigide chef français en Pouille, le Toscan dont les fils ont appris aux dépens de leur père à être vigilante pour éviter un sort pareil à celui de leur père à Prato: ils cherchent aujourd'hui à rendre la liberté à leur pays.

De même, le duc Milon, gaspille ses loisirs à Durazzo. Il avait licencié ses troupes et vivait magnifiquement, ouvrant sa cour à tous. Naparro, sous le nom de Torindo, vient à Durazzo avec sa troupe. Finadusto, qui était un Turc mal baptisé, le reçoit volontiers. On dit que trois sortes d'eaux se perdent : l'une, c'est la pluie qui tombe dans la mer; l'autre, celle dont on lave la tête à un âne et qui ne vaut qu'ingratitude ; la troisième est celle qui sert à baptiser Juif, Turc où Chaldéen. Un mauvais juif n'est jamais un bon chrétien. Finadusto et son complice Lamphybo ont fait ainsi le malheur de Durazzo, leur patrie.

Au moment où tout était prêt pour le tournoi, un grand tumulte se produit dans la cité. Naparro et ses hommes massacrent les chrétiens sans épargner les femmes ni les petits enfants. Le bruit en vient jusqu'au palais. Sefferra prend Guérin et descend dans son souterrain, tandis que le duc et son fidèle Manfred s'arment pour combattre. Mais Sefferra évoque les démons et leur fait transporter à Constantinople et remettre à l'empereur les armes faites par Vulcain. L'empereur les destine à son fils alors âgé de cinq ans.

Milon et son épouse sont faits prisonniers; il recouvrera sa liberté quand son fils viendra à son secours. Sefferra s'est embarquée avec l'enfant, mais des corsaires s'emparent du bateau et iettent à la mer Sefferra qui est changée en un oiseau blanc.

A Byzance, Guérin fut acheté par Epidonio, dont la femme eut à la même époque un garcon et tous deux furent élevés avec les mêmes soins. C'est ainsi que Guérin fut baptisé de nouveau et reçut le noni de Meschino; l'autre enfant eut le nom de son père, Epidonio.

A l'âge de quinze ans, Guérin vainquit à la lutte plus de vingt adversaires. Alexandre, fils de l'empereur, témoin de sa vaillance, voulut l'acheter, mais Epidonio lui en fit don et lui raconta que des corsaires l'avaient pris avec une dame couverte d'or et de pierreries et une nourrice: toutes deux avaient été jetées à la mer.

Guérin écoutait et jurait de se venger sur lesTurcs auteurs de ses maux. Il devait tenir parole.

Alexandre voulut essayer les belles armes que Sefferra avait fait parvenir à l'empereur, mais il ne put les revétir. En vain on travaille à les mettre à sa taille. Les armuriers ne peuvent y réussir, car elles résistent à leurs outils. Alexandre se demande quel est ce Guérin dont le nom y est gravé, et ce que signifie le chêne qui y est représenté.

On s'aperçoit un jour que les armes vont au Meschino et Alexandre allait les lui donner, mais des jaloux s'y opposent et l'empereur se rappelle que celui qui les lui a remises, a dit qu'elles devaient être le prix d'un combat.

Guérin se désespère, car il voudrait y prendre part. Alexandre lui promet de l'affranchir.

Le tournoi est annoncé. Comme une trêve régnait entra les chrétiens et les Turcs, ceux-ci viennent en grand nombre.

Guérin est affranchi et armé par Alexandre lui-même. Mais sur ses armes il porte un vêtement de paysan et sur sa tête une couronne de chêne : il doit demeurer inconnu, car l'empereur le ferait périr, s'il savait qu'il osa prendre part au tournoi.

Guérin renverse d'abord un de ses oncles, Madarro, et le met à mort. Napparo, son autre oncle, demande à lutter contre l'audacieux vilain. Il est abattu avec son cheval et se brise l'épaule. Amphylo, le Persan, est également désarçonné. L'on renvoie au lendemain la suite du combat.

Alexandre désarme lui-même son ami qui sert à table quand les chevaliers prennent place au banquet. On réclame le vainqueur de la journée et Alexandre demande l'avis de Guérin, qui répond: « L'inconnu a vaincu parce que moi je n'ai pas pris part au combat. » Mais l'empereur entend que seul un chevalier y soit admis; la féte continue.

Le jeu, auquel Sylvana avait convié Aleramo et Astolphe, consistait à détacher des cheveux d'une fée et sans les rompre, un anneau qui avait des vertus magiques. Astolphe essaie vainement, Aleramo réussit sans peine. Astolphe s'irrite et Sylvana doit le calmer. Puis elle leur montre une salle immense et magnifiquement décorée. Des peintres y avait représenté un chêne que tenaient deux pasteurs couronnés d'or et de pierres précieuses, comme l'auteur l'a dit déjà ; l'on voyait les travaux de l'un et de l'autre. L'un posait le pied sur un monceau de livres et de manuscrits, à côté de l'autre était un grand monceau d'armes et un temple d'abord démoli, puis reconstruit plus beau. Un lion arrachait un rameau du chêne illustre, mais d'autres rameaux poussaient plus nombreux et il se couronnait d'armes victorieuses.

Un autre pasteur couronné s'élevait jusqu'au ciel sur un char de feu. De son manteau il couvrait peu à peu le côté le plus fameux de l'Italie et tendait à deux jeunes gens deux pans de son manteau. Sur son diadème d'or, était écrit « Paul III », les deux jeunes gens avait pour nom Alexandre et Ranuccio. Aux pieds du grand pasteur s'abritait encore un tout jeune homme, Guido Ascanio.

Astolphe et Aleramo admiraient, mais ils ont à contempler d'autres choses dignes de l'attention des gens intelligents. Un berger d'un coup de pierre brisait la tête à un géant dont tous avaient grand peur. De même le berger triomphe d'un griffon superbe et réduit à la plainte et à l'affliction une haute colonne près de Rome.

A l'un des descendants de Guérin le pasteur couronné enlève Camerino et le donne à Ottavio, d'abord tout enfant, puis gendre de l'aigle qui étend ses ailes de l'un à l'autre pôle. Le descendant de Guérin cède dans l'intérêt de l'arbre de sa famille et reçoit en récompense une jeune fille sage à merveille, aimée des Grâces et des Muses.

Astolphe et Aleramo entendent un concert harmonieux. Sylvana ne voulait point leur révéler ce dont ils avaient les images sous les yeux et qui ne les touchait point. Elle les mène dans une salle voisine d'où sortaient ces sons. La fée les fait asseoir sur un lit richement décoré et les quitte.

Au chant dernier nous disions comment Roland arriva à Rio­Castello. Sacripant avait été mis en prison. Quand le cor du comte eût longuement sonné, les cent chevaliers s'arment: les cinquante meilleurs vont à la rencontre de Roland, les cinquante autres gardent le château. Sarpedonte tombe mort un des premiers, mais ses chevaliers voulaient le venger, et Roland les tailla en pièces. Le jeune homme qui avait tourné en dérision le sage vieillard, était chef des cinquante laissés à la garde du château. Il se rend àRoland qui fait grâce à Gelarco à la condition qu'Angélique lui sera rendue ainsi que Silvia à Robert, son amant; que Sacripant sera mis en liberté et que Rio-Castello sera livré aux flammes. Gelarco consent à tout dans l'espoir d'hériter ainsi du trésor de son ami Sarpedonte.

Le poème s'arrête au premier vers de l'octave 108: « Plus de six cents femmes à Rio-Castello..... » 

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Ultimo aggiornamento: 18 luglio 2011